La photographie d’identité dans l’histoire du portrait

                         jean Poyet, 1938
                               Clichés sur verre de  Jean Poyet pour les photos d'identité en  date du 30 mars 1938.
                             Un système de caches lui permettait de faire  8 prises de vue sur un négatif de 13x18 cm
La photographie d'identité et son ancêtre  : le portrait. Entre identification et identité donc. Entre comment te nommer et qui suis-je ? Entre comment te surveiller et paraître être qui ? 
Entre réalité sociale et réalité intime...
Il faut rappeler que peu à peu le portrait se voit doté d’une fonction d’outil de contrôle social, avec l’anthropométrie signalétique de Bertillon d’abord, puis avec la photo d’identité. Aussi, lorsque le portrait-carte commence à décliner au début du XXe siècle, ceci ne correspond-il nullement à une perte d’attrait du genre. Simplement, du fait des développements techniques et économiques, c’est la photographie d’amateur pratiquée en famille qui va peu à peu prendre le relais du portraitiste professionnel – à l’exception des portraits à usage public (presse, relations publiques, etc.), du portrait de cérémonie (baptême, mariage...) ou encore du portrait d’identification juridique (la photo d’identité, dans le cas de laquelle la machine, c’est-à-dire le photomaton, finira d’ailleurs par remplacer le portraitiste humain (source BNF)
photo-carte

C’est par millions qu’on compte les portraits-cartes jusqu’à la première guerre mondiale.

Alphonse Bertillon (1853-1914)

D'abord simple employé chargé de classer les dossiers que la préfecture établissait sur des criminels notoires, puis nommé chef du service photographique de la préfecture de police de Paris, en 1882, il découvre qu'en prenant 14 mensurations (taille, pieds, main, nez, oreilles, etc.) sur n'importe quel individu, il y a seulement 1 chance sur 286 millions pour qu'on retrouve les mêmes chez une autre personne. Ce système a été utilisé en France jusqu'en 1970. Un matériel spécialisé est dès lors utilisé dans tous les établissements pénitentiaires : table, tabouret, toise, compas de proportions, tablette et encreur pour prise d' empreintes. Bien que Bertillon n'ait pas été l'inventeur des empreintes digitales, il utilisa le premier cette technique le 24 octobre 1902 pour confondre Henri-Léon Scheffer. Deux ans après sa disparition, naissait le laboratoire de l’identité judiciaire.


  Jean Poyet, à la suite de Delzor, produira peu de portraits-cartes dont le dos était décoré avec soin, carte de visite du photographe.
                                                                                                                  

C’est en 1889 à l’occasion de l’exposition universelle que fut présentée la première machine à prise de vue automatique pour les portraits , ancêtre du photomaton.

En France, le terme « Photomaton » est utilisé couramment pour désigner une cabine automatique de photographie, qui est l'un des produits phares de Photomaton S.A.S., mais, en vertu des dispositions de l'article 714-6 du code de la propriété intellectuelle français, la société s'oppose formellement à cet usage. Et cependant, le nom est souvent devenu commun...

Bien sûr, même sans changer de forme, la cabine a beaucoup évolué, devenant numérique à partir de 1993 après être passée du noir et blanc à la couleur.

Dès l’origine, l’absence d’opérateur a fait tomber bien des timidités, et c’est vite devenu un jeu, entre copains et copines, de se serrer dans la cabine pour toutes les fantaisies plus ou moins grimaçantes...Incontestablement, il ne s’agit plus là de photos d’identité...

Les règles de prises de vues établies pour les papiers d’identité sont particulièrement strictes et ne permettent plus ces poses agréables que nous présentons ci-contre, images de 1968 ...

Pourquoi je n’aime pas les photos d’identité ? Parce qu’elles sont traîtresses ! Oui oui mes amis ! Parce qu’on a beau se faire beau, se préparer depuis une semaine, avoir pris toutes les précautions possibles pour ne pas avoir de boutons ou une mine fatiguée, on a essayé de dompter nos cheveux avec toutes les lotions et crèmes possibles (pour éviter le “Hahha ! On dirait que t’as un poulpe sur la tête !’’) , on s’est brossé les dents avec 3 dentifrices différents 3 fois par jours pendant 3 semaines pour avoir le sourire de la mort qui tue, on a même fait attention au nombres d’heures qu’il  fallait dormir par nuit histoire de ne plus avoir l’air d’un zombie. Et tout ça pour être parfait le temps d’une seconde, même moins ! Un demi-millième de seconde : Quand le photographe (Qui est généralement antipathique !) clique sur le bouton  “L’instant fatidique’’ : Plaf, On ressemble à rien. Alors à ce moment là, y’a toujours une mèche qui à réussi à se faufiler entre la grille de laque Franck Provost (Alors qu’on a quand même fini tout le flacon !), y’a toujours une dent qui paraît moins blanche que les autres (Je n’ai aucune explication à ça), y’a toujours ce gros bouton qu’on avait pourtant pas remarqué lors de notre séance d’analyse de peau pour voir s’il n’y avait pas de TOBSDSNPDPDI (Tâche ou bouton susceptibles de souiller notre p**** de photo d’identité) devant le miroir (Qui a duré plus de 2 heures). Ah et notre teint n’en parlons pas : Mmm bizarre le blush Bourgeois garanti tenue 12h semble s’être caché ailleurs mais en tout cas, ce n’était pas sur nos joues, résultat : On à l’air d’un mort-vivant.

Extrait du blog d’une jeune fille maigre : c’est un avis tout à fait contemporain...

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